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L'absence de grands travaux a permis à l'église de Banize de conserver l'ensemble de sa décoration murale peinte ancienne. Les sondages sont donc positifs. Après plusieurs couches de badigeons, seul un décor très dépouillé de la période contemporaine était visible; il est composé dans la partie basse des murs d'une large bande jaune-orangée, surmontée d'une frise florale bleu-noir, réalisée au pochoir, sur un fond blanc ou bleu qui recouvre le reste de la paroi. Les sondages ont mis au jour deux décors: un faux appareil à simple lit, double joint rouge sur fond blanc sur lequel a été directement appliqué un décor historié. En l'état actuel, les sondages ne permettent pas d'identifier les scènes et tous ne sont pas interprétables; cependant, ils nous autorisent à livrer nos premières observations. Le mur nord de la première travée a montré différents fragments qui peuvent donner lieu à de premières hypothèses. Au sondage n° 12 apparaît une main qui tient probablement une balance, en dessous de laquelle se distingue une créature; il peut s'agir d'un pèsement des âmes. Les couleurs sont effacées: la scène apparaît en grisaille, agrémentée de jaune.
Le sondage n° 8 montre le buste d'un personnage nimbé qui est vêtu d'une tunique rouge et d'un manteau blanc. Il tient dans sa main droite un large couteau et dans sa main gauche un livre dont une page est en train d'être tournée. S'agit-il de l'apôtre saint Barthélemy qui fut écorché vif, puis crucifié? Ses mains sont habilement tracées, de même que ses attributs.
Le sondage n° 10 est imprécis, peut-être s'agit-il d'une tête. Un grand sondage révèle la présence d'un personnage dont seule une jambe est visible. Cette dernière légèrement pliée, fait montre d'élégance avec un costume collant composé de hauts-de-chausses bicolores jaunes et bleu-noir et de bas de chausses blancs sur un collant rouge. La scène est sur un fond rouge et jaune avec des motifs noirs non identifiés. Le bas du mur septentrional devait être orné de rubans plissés agencés de manière à obtenir un effet de perspective. ![]()
La deuxième travée du mur nord est également couverte de personnages, mais actuellement les scènes restent inconnues. Un personnage nimbé, vêtu d'un manteau jaune est présent sur un fond rouge. Sur le haut du mur de la travée sont placés deux personnages : un homme les mains jointes, donc en prière, et une femme voilée et nimbée; elle porte une tunique blanche et un manteau bleu sur lesquels est appliqué un décor au pochoir de fleurettes; les traits de son visages sont absents: ont-ils disparu ou bien n'ont-ils jamais été achevés? Les mains des deux personnages sont traités en arrondi, laissant une impression de lourdeur dans le tracé ; toutefois, on remarque le détail des ongles délicatement peint à chaque doigt de l'homme. Le fond de la scène rouge est agrémenté d'un délicat décor au pochoir de feuillages, fleurs de lis jaunes et fleurettes blanches. Le traitement des plis rouges du voile blanc de la femme surprend par sa géométrisation. De même, le sondage n° 20 révèle des plis du manteau bleu au rendu très marqué et puissant. Cette scène logée dans la partie haute de la travée est dominée par la couleur rouge. Au décor de faux appareil s'est joint un décor de faux claveaux rouges, jaunes et bleu-noir à joints blancs qui soulignent l'ébrasement des baies du chur, la piscine eucharistique, l'armoire liturgique, la porte méridionale et les nervures des voûtes. Ce décor est-il contemporain du faux appareil ou est-il postérieur? Dans ce dernier cas, il serait venu dans un deuxième temps tout comme les scènes historiées; cependant, il aurait été adapté au décor de faux appareil pour réutiliser la première décoration. De même, pour les scènes historiées, il semblerait que l'artiste ait fait l'économie d'une préparation avec mortier et badigeon, afin de se servir du tracé du faux appareil comme tracé directeur. Par ailleurs, les colonnettes sont également soulignées d'un trait rouge. Chaque membre constitutif de ces dernières (tailloir, corbeille, cul-de-lampe...) est rehaussé d'une couleur afin de les mettre en valeur.
Le sondage n° 33 est difficile à déterminer: est-ce un bandeau avec un décor de faux marbre? Le mur méridional propose aussi des peintures variées. Le sondage n° 64, sur la première travée, semble présenter un blason dont la lecture est encore incertaine. Y a-t-il sur son côté gauche les plis d'un drapé? ![]()
Le sondage n° 58 met au jour un petit personnage sur fond jaune, vêtu d'une tunique blanche aux plis noirs multiples et à la large encolure noire.
Le sondage n° 55 fait apparaître un triangle rouge sur fond blanc, sorte de pignon couronné d'un fleuron. Des inscriptions ont également été mises au jour: le sondage n° 49 qui révèle le faux clavage de l'arc de la porte méridionale, est accompagné de lettres noires, actuellement illisibles; sont-elles gothiques? ![]()
Le sondage n° 71 est composé de grisailles florales, surmontées d'une bande jaune et d'une inscription dont on identifie "effet" ou "esset ".
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Le sondage n° 65 montre une large bande rouge à l'intérieur de laquelle prend place une inscription, peut-être une date. Un fragment de grisaille apparaît également. Sur le mur sud du chur, le sondage n° 38 découvre deux personnages dont seul le milieu de leur corps est visible. L'un porte un vêtement rouge, l'autre un vêtement jaune; les plis sont soulignés de noir.
Les sondages n° 37 et n° 36 montrent aussi deux personnages au niveau de leur buste: probablement un homme qui semble tenir quelque chose de sa main droite et une femme d'après son décolleté. Elle paraît lever son bras droit et tenir quelque chose des doigts très allongés de sa main gauche. Son visage est traité assez grossièrement: une large figure, un nez très épaté, un simple trait pour représenter la bouche. Ce style évoque certaines peintures de l'église de Glénic (Creuse). Ainsi, ces nombreux sondages témoignent de l'omniprésence d'un décor mural peint. Il reste à déterminer sa datation. Si le décor de faux appareil paraît difficile à dater, les scènes historiées nous fournissent des éléments de datation plus sûrs. En effet, le traitement des figures, des plis multiples, voire cassés, la palette chromatique utilisée et réduite essentiellement au rouge, jaune, bleu-noir et blanc pour la majorité des sondages, ainsi que la présence du faux clavage multicolore indiqueraient comme époque de réalisation la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle. Nous pouvons supposer que l'application du faux appareil est de peu antérieure au second décor; il daterait également du XVe siècle car il présente des similitudes avec des décors peints semblables, répertoriés et datés. Toutefois, plusieurs remarques nuancent cette première réflexion: différentes mains se détachent clairement, et plus qu'un atelier travaillant au même moment sur des murs différents, nous identifions des décorations effectuées en plusieurs campagnes, probablement peu espacées dans le temps, mais qui ont engendré des styles bien différents. Il suffit de comparer la figure de saint Barthélemy à ceux de la femme voilée et de l'homme en prière du mur nord de la seconde travée, ou bien encore les bustes de l'homme et de la femme du mur sud du chur. Dans chaque cas, nous ne constatons pas une homogénéité stylistique. La deuxième travée sur son mur nord semble conserver une scène importante - peut-être la représentation d'un donateur en prière et une figuration de la Vierge - qui a fait l'objet d'une réalisation soignée. Chronologiquement, elle doit être parmi les peintures les plus anciennes du second décor. Effectivement, lorsque nous observons l'auréole de saint Barthélemy, nous notons l'important surplomb qui lui est accordé et qui nous amène plus avant dans le temps, c'est-à-dire au début du XVIe siècle. De même, sur le mur sud du chur, le traitement plutôt sommaire des deux figures, qui rappelle celui des peintures de Glénic, nous situe à l'extrême fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle. Enfin, les grisailles, les autres décors non identifiés, ainsi que les inscriptions du mur sud de la deuxième travée n'appartiendraient-ils pas plus probablement à l'époque moderne? Cela supposerait que cette partie du mur n'aurait pas reçu de scènes historiées médiévales, mais seulement un décor ornemental pour cette période. A défaut de solutions aux multiples interrogations générées par ces récentes découvertes, des suppositions ont été exposées comme premières pistes de recherche. Il est certain qu'il s'agit d'une découverte importante qui ajoute un jalon des plus significatifs dans le corpus de la peinture murale médiévale en Limousin. Seul un dégagement des peintures en révèlera sa place dans la production artistique régionale et apportera des réponses à de nombreuses questions actuellement en suspens.
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