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Banize était une cure de l'archiprêtré d'Aubusson1. Elle est dédiée à Saint-Sulpice-de-Bourges. Selon le cartulaire d'Uzerche, l'église est donnée en 999, par Bernard, au monastère d'Uzerche. A partir de 1471 et jusqu'en 1766, l'abbé du Moutier d'Ahun nomme les titulaires. Sur la commune existait le prieuré de Baubiat, aujourd'hui disparu2. En 1492, pour feu le prieur d'Aubusson, seigneur et prieur de Baubiat sont fondées douze messes annuelles: quatre hautes et huit basses3. En 1513, trois autels sont consacrés4. |
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a)
- Plan b)
- Extérieur |
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c)
- Intérieur |
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Les archives ont conservé divers documents qui permettent d'apprécier l'état de l'édifice au cours des siècles. En 1617 un acte nous informe que "lautteur du clochier vieux qui est aprésent larche de lautteur de vingt piés et en carré de quinze piés... "5. En 1711, "la pille du coeur de la dite Eglise du costé de la rivière menasse ruyne et que l 'autre pille du coeur a besoin de réparer par le hault et que si prompt diligence ny est aportée le coeur pourrat entierement tomber"6. Un procès-verbal en date du 27 mai 1748 apporte plus de précisions sur l'état de l'édifice: |
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"Les vitres onts besoint destre esclerey et celle qui donne sur lotel manque dun careaud de verre"; "Les sieurs Lavanturier et Chaniere onts dits que le sanctuere de ladite Eglise à besoint destre blancie, et par le dehor les murailles dicelluy onts besoinqts destre crepie de chaud et les pilliers dicelluy il y a des pierres qui sonts desjointées elles onts besoints destre rejointée et acomodée pour la sollidittée diceux, et que il faut une porte à la feunestre qui est dans le peignon sur ledit hautel pour empecher leaux qui tombe paricelle sur la voute dudit sanctuere et qui perit ledit hotel, et la couverture dicelluy sanctuere à besoint destre repiqué... "7. Le 18 avril 1770 est établi un nouveau procès-verbal de visite: "... nous avons visités les dehors le dedans, nous avons trouvé le clocher qui a besoin d'etre couver a neuf de meme qu'une partie de la nef dont la couverture a ete emportee par l'ouragan toutes les vitres ont besoin d 'etre touchees y manquant plusieurs pieces"8. Selon une lettre du curé et des représentants des habitants de Banize à Monseigneur l'intendant de la généralité de moulins, datée du 10 mai 1779 : "Le curé, sindic et principaux habitants de la paroisse de Saint Sulpice de banize subdelegation d'aubusson en notre generalité, exposent très humblement à votregrandeur que leur Eglise paroissiale serait dans le besoin le plus urgent de reparations a faire a Lanef et que pour parvenir a la reparer, il se voit necessaire de convoquer en vertue d'ordonnance une assemblée de paroisse a L'effet de faire un devis estimatif des dittes reparations..."9. Du XIXe siècle, un plus grand nombre de documents nous sont parvenus. Par courrier du 15 septembre 1814, le maire se plaint au préfet qu' "il pleut partout dans l'église et qu 'il tombe même souvent des matériaux de la voûte... "10. Un "devis des travaux à faire à l'église" est approuvé la même année par le ministre. En 1816, l'église préoccupe à nouveau les autorités locales: "Un précieux devis porte à 1149 F les réparations à faire à l'église, mais on y comprend la dépense d'une tribune, espèce de luxe que nous interdit notre position, et dont l'utilité ne peut se faire sentir qu 'un ou deux fois par an à l'époque des fêtes patronales... Elle doit être retranchés"11. Des travaux sont entrepris d'après un compte- rendu du maire du 24 novembre 1816: "...Sr Antoine Vignon, maçon et couvreur demeurant en la ville d'Aubusson expert pour nous choisi à l'effet de vérifier les travaux faits à l'église et à la sacristie dont le détail est porté au devis rédigé par le Sr Jean Piollet, Entrepreneur demeurant au Brujeaud commune de Vallières, Le vingt huit avril dernier, et dont ce dernier se rendit |
adjudicataire...
"; "... il nous a déclaré
qu'après avoir examiné scrupuleusement les
travaux exécutés par le dit Piollet, ils lui
paraissent faits et parfaits dans leur détail et leur
ensemble... "12. En février 1854, lors
des délibérations, le conseil municipal note:
"... notre Eglise, qui réclame tous nos soins sur
bien des points, tant à l'intérieur qu
'à l'extérieur, le Dedans pour
crépissage afin de faire disparaître le
salpêtre qui se montre partout au Dehors pour la
Toiture entière, tant en bardeaux qu 'en tuiles,
ainsi que tous les joints des Murs et des piles...
"13. Deux devis sont conservés: ils
prévoient la reprise des maçonneries dans le
pignon et les murs des contreforts, le remaniement
général de la couverture en tuile de la nef et
de la couverture en bardeaux du clocher; enfin
"intérieurement dans le chur à gauche
et à la voûte, il sera fait des enduits en deux
couches recouvertes d'un lait de chaux. La dernière
couche sera parfaitement
dressée
et raccordée avec les anciens
enduits"14. En octobre 1854, un
procès-verbal d'adjudication désigne des
travaux à l'église pour maçonnerie et
couverture. En 1856, la réception des travaux de
réparations de l'église a lieu. Pourtant, en
1859, des réparations urgentes doivent être
menées, notamment au clocher: "Mais
l'exécution des travaux ayant mis à nu
d'autres réparations aussi indispensables que celles
portées au devis, notamment pour le clocher
". |
3) - INTERPRETATION
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Malgré la présence dans les archives de plusieurs devis et de nombreuses mentions de travaux à effectuer, l'édifice n'a jamais fait l'objet de réelles campagnes de restaurations, voire de transformations. Il s'agissait essentiellement de travaux d'entretien visant à parer au plus pressé, mais qui n'ont pas dénaturé la construction d'origine. Nous sommes donc en présence d'un édifice qui a relativement bien conservé son aspect du moyen âge. Il s'inscrit dans un groupe local de petites "églises du type austère"21 qui présentent le même schéma: un plan simple, quadrangulaire, à chevet plat, un décor sobre..., caractéristiques qui ont engendré une "véritable série" architecturale notamment en Creuse: Chénérailles, Pontarion, Bonnat...22 à partir du XIIIe siècle. L'édifice paraît avoir été édifié à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle puisqu'il allie des caractéristiques du XIIIe siècle comme le portail occidental, la sculpture des chapiteaux et un voûtement qui correspond aux décennies du XIVè siècle, notamment dans le profil des nervures, le choix de colonnettes polygonales23 L'édifice semble avoir été fortifié comme le supposent les deux trous de hourds sur le pignon oriental et l'ouverture aujourd'hui bouchée de la première travée du mur nord qui donnait accès aux combles obscurs à usage de défense passive. |
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