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Véronique LEGOUX Conservation - restauration de peinture monumentale Conservation préventive

8 rue du Serpent Volant, 37000 TOURS
tél. / fax: 0247394945 38200552800031 APE 923A

23 -CREUSE

EGLISE SAINT-SULPICE-DE-BOURGES

PROJET - Classement de l'édifice

Rapport d'intervention: agrandissement de sondages de peinture murale

TOURS octobre 2006

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SOMMAIRE

 

FICHE SIGNALETIQUE 2
1 - Cadre de l'intervention 3

1.1 - Générique de l'intervention 1.2. Genèse de l'intervention

II - Présentation du site 4

II.1. Intérêt historique du site

II.2 - Description des décors

III - Intervention en 2006 12

III. 1 - Objectif et conditions de l'intervention III. 2 - Résultats de l'intervention

v - Conclusion 20
Note complémentaire à l'intervention de 2006 : Perspective pour le futur 22

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FICHE SIGNALÉTIQUE

1- Identité du site

Département: 23 - Creuse Commune: BANIZE

Édifice: Église Saint -Sulpice-de- Bourges

Protection juridique: Inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques Précisions sur la protection: par arrêté du 02 avril 1969

1- Localisation

Adresse: Le Bourg, 23120 BANIZE Milieu d'implantation: zone rurale

Cours d'eau à proximité: La Banize

1- Désignation du bâtiment

Clé de l'édifice: Église paroissiale Affectation: Cultuelle

Dimensions: extérieures 1. 10,50 m, L. 22,50 m, h. X m ; intérieures 1. 6 m, L. 17,60 m, h. 8 m Datation du bâtiment: fin XIIIe, début XIVe siècle

1- Désignation des enduits peints

Type : Peintures murales

Description: Peintures ornementales et scènes figurées Surface: ± X 515 m2

Technique: enduit de mortier de chaux badigeonné et peinture appliquée à tempéra Localisation: l'ensemble des surfaces

Datation des peintures: fin XVe, début XVIe siècle

1- Propriété

Propriétaire du bâtiment : Commune

Représenté par : M. COUDERT, Maire de la Commune

1- Intervention

Autorisation: Ordre de service n° 1, du 08/08/2006 Titulaire : Véronique Legoux

Projet: Dossier de demande de classement de l'édifice

Résultat: Identification de la scène du mur nord de la travée médiane Lieu de dépôt du rapport : Mairie,

CG de la Creuse - Conservation départementale du Patrimoine,

Drac du Limousin - Conservation régionale des Monuments Historiques

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1 - Cadre de l'intervention

1. 1 - Générique de l'intervention

Maîtrise d'ouvrage: Commune de Banize 23120 BANIZE

Suivi du dossier: M. COUDERT, Maire de la Commune Autorisation: Ordre de service n° 1

Date de l'accord: le 08 août 2006

Maîtrise d'œuvre: DRAC du Limousin

Conservation Régionale des Monuments Historiques 6 rue Haute-de-la-Comédie

87036 LIMOGES Cedex

Suivi des travaux : Mme CHA VENT, Conservateur des Monuments Historiques

Entreprise titulaire: Mme Véronique LEGOUX, Restauratrice de peinture murale

8, rue du Serpent Volant 37000 TOURS Intervenants : Véronique Legoux

Et

Claire BOUAL Delphine BURGART

Sous-traitants : Kiloutou

84 Boulevard Gustave Flaubert 63000 CLERMONT FERRAND

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Partenaires : Conseil général de la Creuse Conservation départementale du Patrimoine

BP 17

14, avenue Pierre Leroux 23001 GUERET Cedex

Suivi du dossier : M. MANVILLE, CAOA, Directeur du Service du Patrimoine

1.2. Genèse de l'intervention

A la fin des années 90, la municipalité de Banize, représentée par son Maire, M. Coudert, a souhaité initier un projet de rénovation de l'église paroissiale. M. Eric DELOUIS, Architecte D. P. L. G. et Maître d'oeuvre pour la commune, ayant pressenti la présence de décors anciens à l'intérieur de l'édifice, suggéra à la commune de faire réaliser une étude préalable portant sur les enduits peints.

En octobre1999, notre atelier a réalisé l'étude des enduits peints de l'église sous maîtrise d'ouvrage communale. Les sondages, réalisés au cours de cette étude, ont révélé la présence de décors peints sur l'ensemble des murs de l'édifice.

Compte tenu de l'importance et de la qualité de cette découverte, le classement de l'édifice a été envisagé. Monsieur Jean­ Pierre BOUCHER, documentaliste, et Mme CHA VENT, conservatrice du Patrimoine à la CRMHI de la DRAC2 du Limousin, ont été chargés de la présentation de ce dossier devant la Commission nationale des Monuments historiques (1ère section).

Après un refus de la protection en raison de la difficulté d'appréciation des décors par les membres de la commission nationale,

Rapport des travaux: Véronique Legoux 1 Conservation régionale des Monuments Historiques 2 Direction régionale des Affaires Culturelles

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la Municipalité et Mme CRAVENT, nous ont demandé d'agrandir deux zones de sondage, afin que la qualité des décors puisse être mieux appréciée lors d'un prochain réexamen du dossier en commission.

II - Présentation du site

II.1. Intérêt historique du site

D'après Géraldine Thévenot, historienne de l'art, conservateur délégué des A.O.A. de la Creuse, rapport d'étude 1999.

Banize était une cure de l'archiprêtré d'Aubusson. Elle est dédiée à Saint-Sulpice-de-Bourges. Selon le cartulaire d'Uzerche, l'église est donnée en 999, par Bernard, au monastère d'Uzerche. A partir de 1471 et jusqu'en 1766, l'abbé du Moutier-d'Ahun nomme les titulaires. Sur la commune existait le prieuré de Baubiat, aujourd'hui disparu. En 1492, pour feu le prieur de Baubiat, sont fondées douze messes annuelles: quatre hautes et huit basses. En 1513, trois autels sont consacrés.

Les documents d'archives conservés indiquent que l'église semble avoir fait l'objet d'un entretien limité au strict minimum depuis le début du XVIIIe siècle, et ceci, de façon particulièrement constante durant le XIXe siècle. Nous sommes donc en présence d'un édifice qui a relativement bien conservé son aspect médiéval. Il s'inscrit dans un groupe local de petites « églises du type austère» qui présente un plan simple, à chevet plat, dont nous trouvons de nombreux exemples, notamment en Creuse, à partir du XIIIe siècle.

L'église de Banize paraît avoir été édifié à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle (association de caractéristiques de ces périodes).

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II. 2 - Description des décors

Voir rapport d'étude des décorations intérieures, V. Legoux et A. Moskalik­ Detalle, octobre 1999.

Les 80 sondages réalisés en 1999 ont pratiquement été tous positifs. Nous entendons par cela, qu'ils ont livré, à chaque fois, des éléments de décors peints, indiquant leur présence sur la totalité de la surface de l'église.

Le décor le plus ancien (Décor 1) est constitué d'un enduit de mortier gris, d'aspect grenu, recouvert d'un épais badigeon blanc. Sur ce fond clair, un décor couvrant, imitant un faux appareil de pierre, simple lit - double joint, a été exécuté en larges tracés de couleur rouge. Le module de la fausse coupe pierre mesure 28 cm sur 68 cm (+ ou -1,5 cm).

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Les grandes lignes de architectoniques sculptés, rouges également.

l'architecture, ainsi que les éléments ont été soulignés et rehaussés de lignes

Les ouvertures semblent avoir été, dans un premier temps, marquées de claveaux pleins, rouges.

Ce premier décor, très simple, présente des similitudes régionales avec des décors répertoriés et datés du XVe siècle.

Sur ce premier décor, des scènes figurées (Décor II) ont été réalisées sur l'ensemble des murs. Bien que ces scènes soient sur le même niveau stratigraphique, leur distinction technique et stylistique incite à penser qu'elles ont été réalisées à des temps distincts, mais vraisemblablement rapprochés (quelques années ou dizaines d'années). La plupart d'entre-elles ont été exécutées directement sur le décor sous­ jacent, qu'elles masquaient ponctuellement.

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Un premier ensemble est constitué de tracés noirs, accompagnés de plages jaunes. Les sondages du mur sud de la travée médiane révèlent le déploiement d'un feuillage dense, contenu par un cadre orné de volutes ( ?) et comportant une inscription. L'étude de cet élément par un spécialiste en paléographie permettrait peut-être d'en préciser la datation.

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Un second ensemble regrouperait la plupart des scènes qui se déploient sur les murs de la première et de la troisième travée. Les sondages montrent divers fragments de personnages composant un programme narratif qui n'a pu à ce jour être identifié, et dont les disparités de style, témoigneraient de plusieurs temps de réalisation et/ou d'auteurs.

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Il est vraisemblable que l'enrichissement des faux claveaux des ouvertures, par l'adjonction de couleurs, soit associé à ce second ensemble.

Certains détails, telle la représentation des costumes indiquent le XVe siècle, d'autres, telle l'auréole d'un saint, le début du XVIe siècle.

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Un troisième ensemble est constitué par les scènes ornant le mur nord de la deuxième travée. La réalisation technique est, à cet endroit, plus complexe.

La totalité de la surface a été peinte en rouge. Sur ce fond, très dense, un dessin préparatoire, très tendu et épuré, de couleur noir, a été exécuté.

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Puis l'ensemble des figures a été réalisé par des plages de couleurs blanches, grises, bleutées, jaunes ocrées, délicatement modelées dans le frais.

De fins tracés, bordeaux pour les carnations et noirs pour les vêtements, venaient rehausser l'ensemble.

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Les étoffes étaient ornées de motifs, constitués de deux formes superposées, réalisées au pochoir (deux applications distinctes superposées). Le fond rouge était également couvert de motifs au pochoir jaunes et blancs, imitant une riche étoffe damassée.

L'exécution picturale a été réalisée avec beaucoup de liberté et de souplesse, en regard du dessin préparatoire initial très rigide. Le style des figures, la densité de la composition et la technique indiqueraient le XVe siècle.

Ces ensembles peints témoignent d'une activité soutenue durant les XV et XVIe siècle, avec enrichissement de la décoration peinte de l'édifice au gré des prieurs ou des donateurs. C'est une situation fréquemment observée pour cette période, notamment dans le monde rural.

Puis régulièrement, l'ensemble de la surface des murs de l'église a été badigeonné de blanc. Nous dénombrons jusqu'à 4 passages, avec un dépôt de saleté important entre les deux derniers badigeons, ce qui témoigne d'une absence d'entretien prolongée.

La dernière décoration (Décor III) de l'édifice, très homogène et actuellement visible, est constituée d'un soubassement jaune ocré d'une hauteur de 2 m, surmonté d'un frise ornementale noire, se détachant sur un fond bleu très clair.

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III - Intervention en 2006

111.1- Objectif et conditions de l'intervention

L'objectif de l'intervention était un agrandissement de quelques sondages réalisés en 1999 afin de permettre une meilleure appréciation de la qualité des décors, d'apporter de nouveaux éléments pour la compréhension iconographique et de progresser dans l'évaluation de l'état sanitaire.

L'accessibilité aux enduits peints a été possible grâce à l'installation d'un échafaudage roulant, permettant d'accéder à une hauteur de 6 m.

L'agrandissement des sondages a été réalisé du 26 au 29 septembre 2006. Ce qui représente un cumul horaire de 81 heures in­ situ, dont 58 heures pour la seule mise au jour des décors peints.

Le rapport documentaire a été rédigé par V. Legoux du 9 au 10 octobre 2006.

III. 2 - Résultats de l'intervention

Les zones pressenties pour l'investigation étaient, en accord, avec Mme Chavent, les mur nord et sud de la travée médiane: décor sur fond rouge et décor accompagné d'une inscription. Sur le mur nord, les sondages n° 20, 21 et 32 ont été agrandis et liés, formant au final une fenêtre de 2 m", Sur le mur sud, les sondages n° 71 et 72, pour une fenêtre de 0,5 m",

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• Fenêtre du mur nord

Le dégagement a permis de mettre au jour les fragments plus ou moins étendus de onze personnages et de deux chevaux. Nous observons de gauche à droite, trois hommes en armures et un cheval blanc, les uns derrière les autres, dans le sens de la profondeur.

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Vient ensuite, le fragment d'un personnage, vraisemblablement monté sur le deuxième cheval, jaune, tenant le pan dextre de son manteau, dont il semble vouloir protéger les autres personnages. Ces derniers, alignés horizontalement, sont tous auréolés. Nous observons: un jeune homme posant sa main sur l'épaule d'une femme voilée les mains jointes en prière;

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une femme voilée la regardant et indiquant de la main senestre quelque chose situé à leur gauche;

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une troisième femme voilée en prière; une femme à la longue chevelure libre tombant dans le dos, le visage tendu vers le haut, tourné vers la droite, et les mains jointes dans une attitude d'imploration;

le bas de deux jambes nues se détachant sur un étroite barre verticale; l'épaule d'un autre personnage.

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Interprétation: ce fragment appartient à une scène de Calvaire (scène de Crucifixion augmentée de personnages ou d'éléments secondaires, tels les soldats ou les chevaux), où Marie-Madeleine, au pied de la Croix, semble avoir une place prépondérante (embellissement de l'auréole traitée à la façon d'une orfèvrerie, riche étoffe du manteau parsemée d'ornements).

Compte tenu de la disposition du fragment de cette scène et de l'observation d'éléments transparaissant à travers les badigeons postérieurs, nous pouvons estimer que le mur est divisé en trois registres horizontaux, présentant une ou plusieurs scènes sur les registres supérieurs et un décor ornemental sur le registre inférieur.

• Fenêtre du mur sud

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L'agrandissement des sondages n° 71 et 72 a permis de mettre au jour une partie plus étendue des éléments déjà révélés lors de l'étude de 1999. Leur liaison a permis de comprendre la relation qu'entretiennent les divers éléments.

La fenêtre montre le côté droit d'un large cadre jaune, contenant un ramage de branches étroitement entrelacées, surmonté d'une ligne de texte. La forme des branches indique un développement de bas en haut et leur mouvement, une direction de gauche à droite. Compte tenu de l'emplacement de cet élément sur le mur, il est probable qu'il se

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poursuive en symétrie du côté gauche. La ligne de texte serait la fin d'une phrase.

A droite du montant du cadre, une traverse se développe, surmontée d'une volute ( ?) ou d'un remplage.

Interprétation: le résultat du dégagement ne permet pas d'interpréter ce fragment de décor qui semble se développer sur la moitié orientale du bas du mur. En effet, les sondages réalisés sur la moitié occidentale du mur montrent des éléments ornementaux distincts, excluant une symétrie. Les caractères du texte ne semblent pas relever d'une typographie bien précise, mêlant des lettres aux formes arrondies, avec d'autres aux formes anguleuses de l'écriture gothique.

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v - Conclusion

L'agrandissement de quelques sondages permet de confirmer l'étendue pressentie des décors révélés par l'étude de 1999. La poursuite des investigations a permis d'identifier une des scènes ornant le mur nord de la travée médiane de l'église. Elle a également permis de préciser la technique picturale de ce décor dont la finesse d'exécution et la qualité de la composition restent appréciables, malgré les atteintes du temps.

Les décors peints de l'église de Banize sont un bel exemple de la peinture de la fin du moyen âge, tant du point de vue de leur étendue que de leur qualité picturale. En dehors de la distinction dans le corpus de la peinture murale médiévale qu'apporterait leur classement en tant que Monument Historique, cette mesure permettrait l'élaboration d'un projet de conservation, voire de restauration, qui garantirait la pérennité d'un témoin remarquable de la région Limousin.

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Note complémentaire à l'intervention de 2006

Perspective pour le futur

L'étude de la décoration intérieure de l'église de Banize a révélé la présence de trois grandes périodes de décorations superposées, dont la plus riche relève de la fin du Moyen-Age. Sous le sobre décor dégradé du XIX e siècle, se cachent de nombreuses scènes peintes, d'une grande variété de styles, révélées à nos yeux par de multiples petites fenêtres. Outre ces décors, intrinsèquement liés à l'architecture, l'église de Banize possède un bel ensemble d'objets mobiliers, dont la plupart sont protégés au titre des Monuments Historiques. L'ensemble constitue un potentiel artistique important qui mériterait incontestablement d'être mis en valeur.

Cette mise en valeur nécessite des moyens importants, tant du point de vue scientifique, technique que financier (élaboration d'un projet, compétence spécifique, constitution d'un budget, mise en place et conduite de travaux). Une petite commune ne peut faire face, seule, à un tel projet et c'est pourquoi le recours à la plus haute protection est indispensable, tant du point de vue scientifique que technique ou financier.

La commune de Banize a d'ailleurs déjà démontré l'attachement, la volonté et les efforts qu'elle mettait à la sauvegarde de son patrimoine. Suite à la tempête de la fin de l'année 2000, l'église a été durement frappée. Ce sinistre a été l'occasion de la consolidation et du ravalement complet de l'édifice. Dans ce nouveau contexte, la mise en valeur de l'intérieur de l'édifice paraît souhaitable, pour ne pas dire indispensable.

En dehors même de leur aspect esthétique, enduits peints et objets mobiliers présentent des signes manifestes de dégradations anciennes et actuelles, qu'il convient de traiter de façon minimum ou développée, afin de garantir la pérennité de l'ensemble. Plusieurs orientations sont possibles pour un tel projet. Il convient de distinguer les enduits peints, sous-œuvre de l'architecture et les objets mobiliers, exposés dans l'architecture.

• Enduits peints

La plupart du temps, le premier désir dans le cadre d'un projet de mise en valeur d'un intérieur, est de retrouver des surfaces homogènes et propres. Ce désir n'est pas forcément incompatible avec la présence de décors anciens, de plus, ce n'est pas parce qu'un décor est découvert qu'il doit nécessairement être mis au jour. Par contre, des mesures minimums de conservation doivent être réalisées pour stabiliser son état et prévenir sa dégradation.

La mise au jour d'un décor dissimulé est souvent une opération très onéreuse. Le dégagement des couches postérieures peut-être plus ou moins aisé et il doit être suivi des mesures de conservation-restauration usuelles, telles, la consolidation des enduits, des couches picturales, le nettoyage des salissures et dépôts divers, le traitement d'accumulations de surface diverses (efflorescences salines, pollutions biologiques), le colmatage des lacunes de matières, la présentation esthétique (réintégration picturale et reconstitution) et enfin la documentation des travaux afin de rendre compte des taches réalisées et de fournir un document pour le suivi et l'entretien du site dans le futur.

Partant de ces postulats, cinq alternatives sont possibles pour la mise en valeur des enduits peints de l'église.

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1 - Application d'un badigeon de couleur claire sur l'ensemble des surfaces (y compris les fenêtres des sondages), après avoir consolidé les décollements de matières, nettoyé les surfaces et désinfecté les zones polluées par les algues. Cette solution, radicale, permet de retrouver des surfaces propres et unies sans détruire les décors anciens, qui pourront toujours être redécouverts dans le futur.

2 - Rénovation du dernier décor visible (Décor III , XIXe ), après avoir exécuté, comme vu précédemment, les mesures de conservation minimum.

3 - Mise au jour d'un ou de plusieurs murs (ou scènes) avec traitement du reste des surfaces selon l'alternative 1 ou 2. Toujours accompagnée des mesures de conservation minimum.

4 - Mise au jour de l'ensemble des décors cachés (Décors I et II), ce qui implique la destruction du décor III et la réalisation de l'ensemble des mesures de conservation-restauration. Ce chantier, très lourd à tout point de vue, pourrait être organisé en tranches de travaux annuels, scindées par espaces (travées) ou surfaces (murs, voûtes). Pour information, il faut compter 3 jours au m2 pour le seul dégagement des peintures, qui doit être confié à des mains expertes, en raison de la fragilité des décors.

Remarque: Si aucune solution n'était retenue et que tout projet était suspendu, nous tenons à signaler que des enduits sont menacés de chute en partie basse des murs et sur le mur ouest. Il serait utile de les consolider pour éviter la perte irrémédiable de fragments. D'autre part, depuis 1999, les algues ont repris leur développement dans les zones contaminées et se développent sur les peintures mises au jour lors des sondages. Il serait donc également nécessaire de traiter cette pollution.

• Objets mobiliers

En dehors du traitement des murs, la mise en valeur d'un intérieur, implique logiquement la présentation et la mise en valeur des objets mobiliers. Comme pour les enduits peints, la conservation-restauration fondamentale n'est pas obligatoire, mais des mesures minimums de conservation s'imposent pour prévenir le vol de ces objets, la stabilisation de leur état de conservation et la prévention de leur dégradation.

Le degré d'intervention peut peut-être, le cas échéant, bénéficier d'économies réalisées sur le traitement des enduits peints, l'attention étant alors reportée sur la mise en valeur des objets, sur le fond neutre des murs blanchis ou du dernier décor rénové.

Partant de ces postulats, 3 alternatives sont possibles pour la mise en valeur des objets mobiliers de l'église.

1 - Dépoussiérage approfondi des objets, après avoir consolidé les assemblages disloqués et les décollements de matières. Application d'un insecticide sur les bois attaqués et d'un dos protecteur sur les tableaux. Sécurisation des objets.

2 - Conservation-Restauration de tous ou certains des objets classés ou inscrits. Ainsi que l'ensemble des mesures vues au premier point sur le reste des objets.

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3 - Conservation-Restauration de l'ensemble des objets mobiliers.

Remarque: Si aucune solution n'était retenue et que tout projet était suspendu, nous tenons à signaler que la sécurisation des objets contre les vols semble indispensable.

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